La CAN accélérateur de croissance pour le Maroc et l’Afrique

La CAN accélérateur de croissance pour le Maroc et l’Afrique

Article paru sur La Tribune le 17 février 2026 

Le déroulement de la Coupe Africaine des Nations a réellement créé un réel engouement populaire au Maroc. Le pays pointe maintenant au 8ème rang du classement mondial de la FIFA, seul pays du Continent dans le Top 10. Au-delà du sport, la construction des infrastructures, l’organisation, le déroulement ont donné un élan au pays, conforté son image et sa position sur le Continent. Le succès d’un pays est toujours un excellent accélérateur économique, tant à l’intérieur que vis-à-vis de ses principaux partenaires. Telle est la situation du Maroc après la CAN.

Le Maroc a subi le contrecoup de la crise du COVID, comme tous les pays de la planète. Les investissements dirigés vers les infrastructures sportives et d’accueil, ainsi que la motivation de relever le défi, ont constitué autant de catalyseurs pour accélérer le développement économique.

La CAN accélérateur de croissance

Le taux de croissance a été pratiquement triplé au cours des quatre dernières années, passant de 1,5 en 2022 à 4,4% selon les prévisions du FMI pour 2025. La poursuite de la dynamique touristique, après le ralentissement liée à la crise sanitaire, et l’effet CAN, expliquent cette accélération.

Les revenus directs liés au déroulement de la Coupe Africaine des Nations ont été évalués entre 1 et 1,5 milliards d’euros et une richesse globale créée entre 1,8 et 2,2 milliards d’euros. Le ministère de l’économie et des finances a évalué que chaque euro investi a généré pratiquement 2 euros d’activité économique. Les analyses soulignent que l’événement a dynamisé toute la chaîne économique du BTP au transport en passant par les services et le commerce.

La CAN a entraîné un afflux massif de visiteurs stimulant directement Hôtellerie, restauration et activité touristique. Les projections officielles évoquent jusqu’à 250 millions d’euros de retombées touristiques directes. Même la Can féminine, plus modeste, a constitué un levier touristique.

Les investissements ont naturellement impacté les infrastructures, stades et réseaux urbains, produisant un impact économique immédiat dans tout le secteur du BTP. Le budget direct d’organisation est estimé à 264 millions d’euros, et il doit être intégré dans un plan d’investissement plus large, notamment en vue de la Coupe du Monde de 2030.

Les effets directs sur l’emploi ont donc été particulièrement notables dans le secteur du BTP et du tourisme, mais aussi significatifs dans la création d’entreprises nouvelles, avec des emplois ciblés dans les services, sécurité, événementiel, tourisme, transport.
Cette accélération de l’économie du Royaume a naturellement eu des retombées très positives vis-à-vis des partenariats que le Maroc a développé depuis de longues années avec les pays africains, particulièrement en Afrique de l’ouest.

La CAN renforce les partenariats africains

Le Royaume a mis en avant les valeurs de fraternité, de solidarité, mettant en avant l’unité africaine. Ce message a été salué par plusieurs dirigeants du continent. De plus, l’accueil chaleureux et l’hospitalité ont renforcé la perception positive du Maroc auprès des délégations africaines. Cette dynamique a donc renforcé les alliances existantes, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale où Rabat mène une diplomatie économique active.

Les relations économiques entre le Sénégal et le Maroc, sont parmi les plus solides du continent. Elles ont approché les 400 millions de dollars en 2025, et les investissements marocains cumulés dépassent maintenant les 500 millions de dollars, dans des secteurs structurants, assurances, BTP, mines. Plus de 10 grands groupes marocains y exercent une présence très active. La 15ème Grande Commission mixte Maroc-Sénégal, qui vient de se réunir à Rabat…. juste après la CAN…, les 26 et 27 janvier, a abouti à la signature de pas moins de 17 accords, couvrant entre autres, l’industrie, la normalisation, et l’agro-industrie. Cette architecture institutionnelle donne de la visibilité aux investisseurs et permet de structurer les échanges.

La diplomatie économique marocaine trouve également sa pleine expression avec la Côte d’Ivoire. Les exportations ont dépassé les 300 millions d’euros en 2024, principalement avec les engrais minéraux et chimiques nécessaires à l’agriculture ivoirienne. A l’inverse, et très récemment, 2025 a été institué un partenariat stratégique dans l’exportation de noix de cajou vers le Maroc. Également l’an dernier, plusieurs accords ont été signés dans le cadre de la 5ème commission mixte Maroc-Côte d’Ivoire. Se retrouve à nouveau l’importance d’une structure institutionnelle d’échanges.

En organisant la CAN le Maroc s’est positionné comme un acteur incontournable en Afrique, mais aussi au centre des relations entre l’Europe, les pays arabes, et l’Afrique.

La mise en place d’un leadership

La qualité des infrastructures, de l’accueil, des transports, et le bon déroulement de l’événement ont concrétisé la montée en gamme des opérateurs industriels et de services, du Royaume. Cet aspect de qualité, aussi bien dans la construction que dans les services, hisse le niveau de prestation des entreprises de façon très réelle, et donc indiscutable. La capacité du Maroc à investir massivement dans des projets structurants, renforce son attractivité vis-à-vis de tous ses partenaires africains dans le développement de leurs besoins en construction d’infrastructures, d’énergie, de logistique et de formation.

Dans un contexte où les équilibres africains évoluent, à travers le désengagement de certaines puissances, et l’engagement grandissant de nouveaux acteurs, le Maroc à travers la CAN a consolidé une place, devenue incontournable, au sein du continent.

L’organisation de la Coupe Africaine des Nations a servi au Royaume de plate-forme pour enrichir les échanges diplomatiques, renforcer les réseaux et ainsi potentiellement élargir son influence dans les organisations africaines. Le succès organisationnel a été perçu comme une expression de puissance douce, à même d’accompagner son influence politique et culturelle.

Si un événement continental a permis de créer une telle impulsion, à l’intérieur du pays et pour le continent, on peut commencer à imaginer l’apport que constituera la co-organisation de la prochaine coupe du monde de football en 2030. Certes, il faudra partager avec l’Espagne et le Portugal, mais cette prochaine étape consistera à marquer la scène mondiale. La pertinence de la construction du plan stratégique ascensionnel développé ici par le Maroc, doit être vraiment soulignée.