L’Iran de tous les dangers

L’Iran de tous les dangers

Article paru sur le site Vu d’ailleurs le 05 mars 2026

Les événements que nous vivons depuis le 28 février ont pour objectif de transformer la situation au Moyen-Orient en modifiant la situation politique en Iran.

Si cela se produit ce sera une page de presque 50 ans d’histoire qui se tournera, ouverte en 1979. Cela nécessite que les opérations militaires américano-israliennes portent des coups fatals à l’apprareil d’Etat iranien, et à ses forces armées et de sécurité. Il convient également que les Gardiens de la Révolution ne prennent pas le contrôle du détroit d’Ormuz, ou ne le gardent pas plus de quelques petites semaines. Au-delà, un désordre mondial s’installerait dans le marché de l’énergie, gaz et pétrole. Le monde n’est pas prêt à accepter flambée des prix, retour de l’inflation, et désordre économique.

À l’évidence le pouvoir iranien serait très satisfait d’un tel désordre, ouvrant la porte à une demande de très nombreux pays d’arrêter les opérations de renversement du régime.
En dehors de ce scénario, il y a aussi celui où les coups militaires portés permettraient d’aboutir à un nouveau soulèvement du peuple iranien. Tous les analyste et observateurs sont unanimes, une opération militaire, seule, ne peut aboutir à un tel résultat, seul une révolte populaire peut hisser le drapeau de l’Iran historique sur les décombres de la République islamique. Mais il y a une condition : l’UNION

L’Iran est une mosaïque ethnique, où se côtoient, la majorité perse, avec de nombreuses minorités, azéris, kurdes, baloutches, turkmènes. Ensemble ils représentent un tiers des 92 millions habitants du pays. Leur participation au renversement du régime sera particulièrement importante. Les iraniens doivent s’unir.
Il en est naturellement de même sur le plan politique. Les débats politiques actuels, sur qui pourra conduire le pays, après, sont totalement à contre-temps. Ils brûlent les étapes. Il ne s’agit pas dans les prochaines semaines de gouverner, il s’agit de renverser.

La difficulté et la durée de ce combat représentent des inconnues majeures. Pour les semaines à venir, ou mois, toutes les tendances politiques iraniennes, doivent être unies, épaules contre épaules, pour faire tomber le pouvoir religieux.
Nous sommes au jour du débarquement en Normandie, où les Français devaient chasser l’occupant. Résistants de droite et de gauche, FFI et FTP, étaient réunis dans ce combat. C’est seulement après que l’occupant soit chassé, que les étiquettes, et les choix politiques reprennent leur place et rôle, MAIS SURTOUT PAS AVANT… !

Il est de la plus haute importance que les mouvements iraniens de résistance, soient conscients du séquençage des étapes politique. Développer des querelles de pouvoir, maintenant, est un absolu non-sens politique. Cela est même un contre-sens. Toute division dans cette union de la résistance iranienne, se retourne finalement contre elle. Elle l’affaiblit, et cet affaiblissement fait objectivement le jeu du régime en place. Inacceptable.

Seules les forces qui pourront prendre place dans les rues, s’y imposer, et gagner ce combat ultime, auront légitimement le droit de revendiquer une place privilégiée dans la conduite du futur Iran.
Les preneurs de micro que nous voyons sur les plateaux de télévision, et ailleurs, tirer « la couverture à eux », se trompent de temps politique. Se tromper dans le temps politique, ce n’est pas qu’une erreur, c’est une faute. Le peuple iranien, ces jours-ci, ne peut se le permettre. Ces querelles insensées doivent impérativement cesser, maintenant !