La résistance iranienne lance une attaque contre le QG de Khamenei, à Téhéran !

La résistance iranienne lance une attaque contre le QG de Khamenei, à Téhéran !

Article paru sur le site du Diplomate le 11 mars 2026

Le monde entier a le regard fixé sur la concentration des forces américaines autour de l’Iran. Mais des événements très importants viennent de se produire à Téhéran. L’Organisation des combattants du peuple iranien (OMPI) a lancé une attaque contre le complexe abritant le guide suprême Ali Khameini, et les centres de commandement vitaux du régime. Nombreuses ont été les interrogations sur l’existence d’une résistance intérieure. Nous avons là une réponse.

Peu avant 6 heures du matin, lundi 23 février plusieurs explosions ont été entendues à Téhéran. Elles provenaient du nord de la ville, le quartier Pasteur, et plus exactement du complexe Motahari. Il abrite tous les organes du pouvoir de la République islamique d’Iran, dont la résidence du Guide. Mais s’y trouvent également celle de son fils, le Conseil des Gardiens de la Révolution, le Conseil des Experts, et le Conseil National de sécurité, répartis sur une surface de pratiquement 500.000 M², et abrités derrière des murs de 4 mètres de haut.

Plusieurs centaines de combattants de l’OMPI, Organisation des Moudjahidines (Combattants) du Peuple iranien, y ont mené une attaque, selon cette organisation. Elle déclare avoir eu une centaine de morts, blessés, et combattants capturés. Les pertes ont certainement été substantielles parmi les 5.000 membres des forces de sécurité, mais aucune information n’a été communiquée. L’Organisation annonce également que plus de 150 de ses membres ont pu évacuer le complexe après l’attaque.

Ambulances et véhicules militaires ont parcouru le secteur toute la matinée, et plusieurs hélicoptères ont survolé le complexe. Un journaliste de Rouydad 24 confirment, par les appels reçus, que les élèves des écoles de cet arrondissement de Téhéran ont été renvoyés chez eux, dès leur arrivée à l’école. La présence policière a été accrue dans tout le secteur.

Les réactions officielles

L’agence de presse Momtaz News a diffusé peu après 06 heure du matin que des explosions répétées avaient été entendues à Téhéran. L’agence Bultan, proche des Gardiens de la Révolution, a communiqué que des explosions dans le district le plus sécurisé de la capitale posaient de sérieuses questions sur le fait de savoir « comment des adversaires pouvaient oser frapper le cœur de Téhéran » ?

Les agences Tasmin et Al Akhbar ont également fait part des événements, cette dernière les décrivant comme « l’opération la plus complexe et la plus dangereuse menée par l’OMPI, dans le pays ». Les faits sont donc avérés et reconnus.

Mais encore plus significatif fut le remplacement, dès mardi 24, du commandant de la brigade Sabereen, chargée de la protection du guide suprême…Cette brigade est l’une des unités opérationnelles des forces terrestres des Gardiens de la Révolution, chargées de missions spéciales.

Les racines de l’OMPI

Cette organisation a été fondée en 1965 par de jeunes militants iraniens, partisans du premier ministre de l’époque Mossadegh. Elle se veut à la fois révolutionnaire, et nationaliste. Ce dernier se décrivait comme musulman mais dans une lecture moderniste et progressiste de l’islam chiite, séparant le politique du religieux.

En 1971, le régime du Shah démantèle l’OMPI. Au départ du Shah en janvier 1979, le mouvement participe à la révolution. Mais l’OMPI s’oppose rapidement à Khomeiny et organise, en juin 1981, une manifestation à Téhéran regroupant, pacifiquement, plus de 500.000 participants, contre la répression croissante du nouveau régime. La rupture du mouvement avec Khomeini devient inévitable. La répression s’abat immédiatement, la direction du mouvement s’exile à Paris, puis en Irak.

L’OMPI se présente comme la principale alternative démocratique au régime iranien, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) regroupant d’autres groupes d’opposition. Le régime iranien la considère comme une menace existentielle, en raison de ses réseaux internes et internationaux. Il la mentionne d’ailleurs dans ses discours et écrits, sous le vocable « l’ennemi ». Pour ses partisans, l’OMPI représente un héritage révolutionnaire et un combat pour la liberté, souvent mis en avant dans les discours de Maryam Radjavi, présidente du CNRI, dans le cadre de son programme de transition en 10 points.

L’OMPI possède donc de longues racines dans le paysage politique iranien.

L’impact sur la situation politique

Depuis 10 ans que se succèdent les vagues de soulèvement populaire, et l’expression croissante de voir la chute du régime, nombreuses sont les interrogations internationales sur le renversement, et la succession. La question s’exprime le plus souvent sous la forme : « y-a-t-il une opposition structurée » ?

L’attaque du complexe abritant les structures les plus importantes du pouvoir donne à cette interrogation une réponse. Organiser une opération sur un tel objectif, en mobilisant plusieurs centaines de militants armés, au cœur de Téhéran, implique une capacité organisationnelle, de renseignement, et une capacité de mobilisation de haut niveau. Le régime dans ses réactions ne s’y trompe pas.

Le choix de frapper le haut de la pyramide du pouvoir est aussi symbolique. Il permet au mouvement de se positionner instantanément aux yeux de la population comme le premier, et très probablement le seul mouvement d’opposition, à pouvoir réaliser une telle opération.

Comme le souligne le Docteur Ivan Sheehan de l’Université de Baltimore : « Si la capacité opérationnelle qui vient d’être démontrée se poursuivait, cela influencerait la vision que le monde politique projette sur la stabilité intérieure de l’Iran. Cela renforce l’argument qu’un changement politique peut provenir de l’intérieur, plutôt que d’une intervention extérieure… »

l’OMPI depuis de nombreuses années crée sur tout le territoire des Unités de Résistance. L’organisation revendique actuellement des milliers de groupes, de 5 à10 personnes, répartis sur l’ensemble du territoire.

La continuité de l’action de résistance intérieure en Iran devrait être assurée. Elle  pourrait même s’amplifier. Dans ce cas, son action le 23 février à Téhéran aura constitué un tournant.