« Trump engage la bataille ultime contre l’Iran »
Gerard Vespierre, spécialiste de géopolitique, fondateur du média web Le Monde Décrypté et chercheur associé à la Femo, au micro de Steve Nadjar dans le Grand Journal de Radio J
Gerard Vespierre, spécialiste de géopolitique, fondateur du média web Le Monde Décrypté et chercheur associé à la Femo, au micro de Steve Nadjar dans le Grand Journal de Radio J
Le brouillard de la communication américaine fait perdre de vue l'objectif de ce puissant engagement militaire israélo-américain. Environ 500 chasseurs bombardiers en action pendant des semaines peuvent-ils aboutir à un simple changement de leader? Une telle campagne de bombardement est-elle destinée à remplacer un Ayatollah par un général des gardiens de la révolution? Nous aurions alors un inacceptable écart entre les moyens et le résultat. En évitant de le dire, les forces militaires doivent créer les conditions du renversement du régime, en l'affaiblissant le plus possible. Dirigeants éliminés en nombre, et destruction des infrastructures des forces de sécurité ouvrent le chemin vers cet étape. Le régime le sait, il se bat le dos au mur, avec aussi la culture du sacrifice et du martyr de l'islam.... chiite...!
En début de soirée du 21 mars une frappe iranienne est intervenue en direction des installations de recherche nucléaire israélienne de Dimona. Situé dans le sud du pays, ce centre représente l'historique du programme israélien, débuté avec la France, à la fin des années '50...!
L'aviation américaine et israélienne ont frappé des milliers d'objectifs. Les leaders sont éliminés, Khamenei, Larijani, et beaucoup de commandants des Gardiens. Cela créé du désordre, et de la suspicion. Qui aide Israël? Les forces de sécurité ne sont-elles durement frappées pour réduire leur capacité de répression?
L'armée israélienne poursuit ses objectifs en frappant un site de recherche lié au programme nucléaire militaire, à Tahlagan, près de Téhéran. Mais les conséquences de ce conflit sont mondiales. Aux Etats-Unis mêmes, les citoyens (et électeurs) ne soutiennent pas cette puissante offensive contre la République islamique d'Iran. Le prix des carburants rentre dans les choix électoraux. La Russie, si ses exportations pétrolières sont facilitées par la fermeture d'Ormuz, voit le cours du Rouble, paradoxalement s'affaiblir. L'économie russe est fondamentalement en difficulté. Quelques semaines de cours en hausse du pétrole ne sauveront pas son économie... Elle continue de perdre ses alliés, la Syrie, le Venezuela, probablement Cuba, et peut-être l'Iran.... La Chine, allié stratégique de l'Iran, sera probablement épargnée dans le blocage du flux pétrolier. Téhéran tient absolument à différencier, le "camp des ennemis" du "camp des amis"...... Le reste de l'Asie subit, comme toutes les zones du monde pauvres hydrocarbures.... Le monde subit....
La folie de l'attaque du Hamas le 7 octobre, a conduit à l'intervention du Hezbollah depuis le Liban. En 2024, l'armée israélienne a déclenché une vaste offensive contre ce mouvement.
Le flou (calculé) du discours de Donald Trump offre un message de guerre courte au peuple (et électeurs) américain, et un autre de guerre longue, aux adversaires, le régime iranien.
Pour le régime iranien, il s'agit militairement de faire peur, et non pas d'éliminer l'adversaire. L'arme pétrolière est utilisée dans ce même cadre stratégique, créer une envolée des prix et un chaos économique qui conduisent les Etats-Unis et Israël à revoir leurs objectifs.... Champs pétrolifères visés en Irak, raffinerie en Arabie Saoudite, et interrompre la logistique de 20% du pétrole mondial en bloquant le détroit d'Ormuz. Pas de destruction globale, mais une addition de nuisances qui créent une envolée des prix mondiaux. Les citoyens et électeurs du monde deviennent parties prenantes.... La Russie sera-t-elle gagnante dans cet affrontement, grâce à l'envolée potentielle de ses recettes pétrolières. Oui, si le conflit se prolonge sur de longs mois..... Mais elle voit son rayonnement international décliner par la chute de ses alliés, Syriens, Vénézuéliens, bientôt Cubains, et ...peut-être iraniens....!
Diffusée le 27 février, la veille des frappes israélo-américaines, cette interview expose le caractère inévitable de la guerre, mais aussi les risques encourus. Ce conflit qui se veut en réalité "l'ultime bataille" contre la République islamique ouvre une double boîte de Pandore. Quelles vont être les réactions iraniennes... Nous le savons maintenant, plus amples que prévues.... Quelle va être la situation intérieure iranienne après l'arrêt des combats...Le régime tombera-t-il? Nous ne le savons pas encore.... Quelles vont être les conséquences économiques mondiales en cas de sérieux problèmes pétroliers? Cela dépendra de la durée..... Cette intervention, inscrite dans la stratégie israélo-américaine, est chargée de lourdes interrogations...
La France, par ses liens historiques avec le Liban et ses accords stratégiques de défense avec les Émirats, le Qatar et le Koweït, ne peut se tenir en dehors du conflit. S’y ajoutent les frappes sur Chypre, membre de l’Union européenne avec lequel nous avons un accord de défense. Nos forces armées sont donc amenées à se déployer, et dans un cadre globalement défensif. C’est dans cette stratégie de soutien à nos partenaires que doivent être comprises toutes les décisions. Il a été décidé l’envoi d’avions Rafale supplémentaires, de matériels de défense aérienne et de bâtiments de la Marine nationale. Le mouvement le plus emblématique concerne l’envoi du Charles-de-Gaulle en Méditerranée. Il s’y ajoute la volonté de participer aux opérations de contrôle du détroit d’Ormuz dans le cadre d’une coopération internationale.